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EDITO

Il m'arrive de me demander ce que je vais bien pouvoir raconter dans l'édito. Eh bien cette fois je n'ai pas eu à me le demander , il y a trois mois que je le sais. Suite au précédent édito du 43, j'ai reçu en date du 18 janvier le courrier suivant émanant de Poulpos, Laurent Hoffman, notre feuilletoniste de Pulpe Fiction. Comme vous pourrez le lire, celui-ci souhaitait que j'imprime son courrier sans le retaper, mais je n'ai pas 4 pages à consacrer à son courrier. Par contre, au cas où certains souhaiteraient vérifier l'authenticité de ce que je vais reproduire ci-dessous, je me ferai un plaisir de passer les pages en question sur internet.

" Salut Marie-Claire,

Cette lettre t'est adressée, mais j'aimerais bien que tu la publies, elle peut inaugurer une rubrique Courrier des Lecteurs, par exemple, ou alors tu peux la brûler, l'oublier, la perdre ; comme cela tu pourras encore te vanter dans ton prochain édito qu' "à ce jour, personne n'a encore souffert de notre censure ", ce qui est faux. Mais s'il te plait, si tu veux bien la passer, photocopie le manuscrit, car avec toutes les fautes de frappe, voire les corrections arbitraires et débiles qui sont faites dans ton canard, il se pourrait qu'à l'arrivée, elle dise miraculeusement du bien de GDB (Trime Ménestrel, ça, pour trimer, tu peux trimer).

Venons-en au fait : un dessin de Maldo représentant Golfech en Hitler, avec une légende qui fait comprendre qu'il prend ses lecteurs pour des cons, ça ne te dit rien ? Vous l'avez pourtant reçu et vous avez même expliqué à Maldo pourquoi il ne passerait jamais. Je ne me rappelle plus les raisons, quoiqu'il en soit, c'est de la censure.

Et le CD de CLAPO que j'ai envoyé au zine, il a été chroniqué, peut être ? Faut dire, avec tous ceux qu'on vous envoie, vous devez crouler ! Mais non, je ne crois pas que ce soit cela. C'est de la censure.

Et quand moi, au détour d'un article, j'évoque l'existence de ce malheureux CD ainsi que son prix (130 F), bien sûr, c'est 30 F qui est imprimé. Il faut dire qu'un tirage limité à 100 exemplaires avec livret entièrement gravé (10 originaux par CD), ça vaut deux paquets de clopes. Je comprends, c'est normal. Mais bon. c'est de la censure. Vous vous êtes sûrement dit " pour qui il se prend celui-là, il est pas alternatif ". Tandis que vous, vous avez un super esprit. C'est bien, continuez, bravo, félicitations.

Au revoir.

Poulpe

PS : la couverture est très belle "

REPONSE

Bon, contrairement à plein de gens qui n'ont jamais cru bon d'utiliser le droit de réponse, moi je compte m'en servir ;

1- Le nom de Maldo ne m'est pas totalement inconnu, il se peut également qu'il m'est été présenté et que je le connaisse de vue, mais je n'associe à l'heure actuelle aucun visage à ce nom. Quant à ce dessin qui aurait été refusé, il n'évoque en moi strictement aucun souvenir et pourtant j'ai une mémoire phénoménale pour tout ce que je ressens comme une vacherie ou une crasse, et s'en prendre à l'homme de ma vie, et je l'aurais certainement pris ainsi, je peux garantir que je m'en souviendrais encore.

2- Le CD de CLAPO a été envoyé à une époque où je ne m'occupais pas encore de la rubrique disque. Quant à Golfech il n'a plus fait de chronique de disques après le numéro 34 de Mai 98. Moi j'ai repris dans Bonjour les dégats au 39 de Novembre 99 et le CD que Poulpos a eu la bonne idée de dater avec un petit mot est de Décembre 98. En outre quand c'était Golfech qui tenait une mini chronique d'une page, il présentait 6 CD qu'il avait aimés, pas nécessairement qu'on lui avait envoyés, mais aussi qu'il avait achetés. En tout cas, Golfech n'a jamais voulu " chroniquer " un CD qu'il n'aimait pas ; personnellement j'ai choisi de chroniquer tout, y compris ce qui ne correspond pas à mes goûts, et c'est vrai que c'est difficile, surtout quand il s'agit de copains. Pour en revenir à CLAPO, il me semble qu'il n'y a qu'une conclusion à tirer du fait que Golfech n'en ait pas parlé.

3- Je reconnais - j'ai vérifié le numéro - que j'ai frappé 30 f au lieu de 130 f , mais ce n'était sans aucune mauvaise intention, cela s'appelle une coquille, une faute de frappe, n'en déplaise à Poulpos. Pour mémoire, je signale que je m'appuie toute seule la dactylo, la mise en page et l'impression du trimestriel et généralement le tout en huit jours, et je suis loin d'être infaillible. De plus je me permets de dire que la dite erreur se trouve dans le numéro 36 de Décembre 98. Mettre deux ans à signaler l'erreur me paraît curieux. Si Poulpos en était aussi gêné, il aurait pu le signaler, et, malgré tout ce qu'il pense, un correctif aurait été apporté et dans le trimestriel suivant, et dans l'agenda.

4- Quant aux insinuations sur les déformations que j'apporterais aux textes que l'on m'envoie, je reconnais qu'il m'est arrivé de " modifier " les brouillons que m'envoie Poulpos, c'est vrai que j'ai souvent corrigé des fautes qui me paraissaient un peu énormes, comme " andives ", j'ai pu aussi en créer en retapant les textes (à l'époque mon ordinateur n'avait pas la gentillesse de s'illuminer en rouge chaque fois que je faisais une faute de frappe..). C'est vrai aussi que sur les deux derniers épisodes de Pulpe Fiction, j'ai " arbitrairement " réintroduit une ponctuation, car deux pages d'affilé sans un signe de ponctuation, cela m'avait paru totalement indigeste ; même chez Proust je trouve cela indigeste, alors… Je me permets d'ailleurs de dire à Poulpos, puisqu'on en est aux amabilités que son style, selon moi, a perdu en humour et légèreté, qu'à mon humble avis ce qu'il faisait dans " En vert et Damnation " était supérieur, en tout cas plus percutant, mais après tout je demande pardon de n'avoir pas compris tout l'intérêt d'une phrase de deux pages.

5- Si je résume tous les griefs de Poulpos, je n'ai absolument pas le sentiment d'avoir exercé une censure. Par contre, je me demande comment on peut faire semblant d'être un copain quand on accumule de telles rancoeurs depuis deux ans, peut être plus, car il y a de fortes chances pour que l'épisode Maldo remonte à 8 ans . Comment Laurent, toi si "vertueux", as-tu pu continuer pendant deux ans au moins à collaborer avec d'horribles fachos, qui n'avaient aucun pouvoir de t'obliger à travailler pour eux, puisque tu vis à plus de 1000 km de Pau ? Il suffisait de ne plus écrire, c'était d'autant plus facile que tu as déménagé. Tu as envie de larguer GDB, c'est ton droit, mais il y avait des moyens plus élégants ; tu as ton propre zine, je comprends que tu aies envie de t'y consacrer plutôt qu'à un zine que tu ne sens pas tien ; j'aurais la même réaction. Quant à être alternatif, j'aimerais bien que quelqu'un, un jour, me dise ce que cela veut dire. Non, je ne me sens pas alternative, j'en rien à foutre, il y a même des jours où j'en ai rien à foutre de GDB, quand je vois le temps qu'il nous bouffe, et le tout pour se faire engueuler et traiter de fachos. Et puis, il y a des moments où je me dis que ce n'est pas parce qu'il y a des " cons " qu'il faut envoyer péter ce qui a été la raison de vivre de Golfech et ce qui a peut être de la valeur pour certains. Tu reproches à Golfech de ne pas avoir accepté de se faire représenter sous les traits d'Hitler avec un " légende qui fait comprendre qu'il prend ses lecteurs pour des cons ". Golfech n'a jamais pris ses lecteurs pour des cons : il a un putain de caractère, ça je le sais et il le sait. Mais il en a trop bavé pour prendre les autres pour des cons et en particulier ceux qui le soutiennent. Et un lecteur, c'est le plus souvent un abonné ou tout au moins quelqu'un qui a fait l'effort d'acheter le zine et c'est donc quelqu'un qui soutient GDB. D'autre part si tu insinues que Golfech est un petit despote dans GDB, je veux bien l'admettre, mais une asso comme GDB n'aurait jamais perduré si Golfech n'en avait pas été le maître incontesté et aussi le serviteur dévoué. A propos maintenant on est deux despotes, il va falloir revoir ton iconographie ! Et si un jour les deux cons de despotes décident d'arrêter, il n'y aura personne pour reprendre, à moins que tu ne sois preneur… Mais ce n'est pas un jeu, c'est un vrai boulot, et qui ne rapporte rien,

6- Si tu as l'intention de poursuivre la publication de " Pulpe Fiction " dans GDB, je ne vois aucun inconvénient à cela et ce serait peut être de ta part une marque de respect pour les lecteurs, si tu n'en as plus pour nous. Et si cela doit satisfaire ton ego, je ne toucherai plus à la ponctuation, mais je continuerai à corriger les fautes d'orthographe, car je ne vois pas pourquoi un zine devrait se permettre de massacrer une langue quelle qu'elle soit sous prétexte qu'il est un zine " rock " et que cela donne un genre. Si tu refuses,. …

Marie Claire